Les rêveries d'un promeneur solitaire

Lettre d'un rêveur #1

6 Août 2014, 14:00pm

Publié par Damien C.

Lettre d'un rêveur #1

Vendredi 9 Mai

Cela fait bien longtemps que je ne t’avais pas écrit, non pas par manque d’envie, mais parce que ces derniers temps ont été difficiles pour moi, tu le sais bien, toi, mon seul ami. Ta compagnie m’a souvent manqué, mais le besoin d’être seul s’était fait ressentir en moi. Voilà déjà un an, un an que tout cela a commencé, tu sais bien de quoi je veux parler. Je pensais pouvoir y faire face, mais il est vrai qu’au bout d’un an, la cicatrice n’est pas encore totalement refermée. J’ai beau avoir retrouvé le bonheur que j’avais perdu, quelque chose me manque, quelque chose me blesse, encore. Ce souvenir reste toujours douloureux quand j’y repense. Je me demande si un jour cette douleur pourra s’atténuer, je l’espère. J’ai fait du chemin depuis ce lundi 12 août où tout s’est achevé. Je ne m’imaginais pas que cela aurait pu s’achever de façon si rapide, et surtout si brutale. Le bonheur que j’avais traversé était à la hauteur de la douleur que j’ai pu ressentir pendant les mois qui ont suivi. J’avais beau avoir fait des efforts pour tenter d’oublier, le souvenir me hanter comme si rien ne pouvait le briser. Déjà neuf mois que tout cela s’est achevé et pourtant l’amertume que je ressens est toujours présente. Je ne regrette en rien ce qui a pu se passer, mais la nostalgie que j’éprouve reste profonde. Tu comprends sans doute pourquoi j’ai mis du temps à t’écrire de nouveau, toi seul peut me comprendre. Ne m’en veux pas si je me suis fait plus discret ces derniers temps, mais j’en avais sans doute besoin. Cela a-t-il été efficace ? Je l’ignore. Tu me diras sans doute que j’aurais eu besoin de l’assistance d’un ami et je te dirais que tu as sans doute raison. Ne crois pas que je t’ai oublié, mais l’idée même d’en parler à nouveau me terrifier. Je me suis sans doute endurci à cause de cela. Peut-être cela m’a-t-il servi de leçon. En tout cas, je ne me précipite plus. Il est vrai que tout cela a été très rapide, mais que veux-tu, l’amour nous joue parfois des tours, tours auxquels j’ai dû faire face. Toi seul sais le nombre de larmes qui ont pu couler le long de mes joues, le nombre de mouchoirs utilisés. Jamais, jamais, je n’avais autant pleuré de ma vie, et pourtant ce n’était sans doute pas la situation la plus triste à laquelle j’ai pu être confronté, mais sans doute sa brutalité et la peur de le perdre m’ont amené à réagir de la sorte. Quelle histoire !

Heureusement, depuis j’ai eu la chance de me reconstruire. J’aimerais te faire part du bonheur qui m’habite maintenant. Heureusement, je ne confronte pas cette triste période de nostalgie tout seul, j’ai réussi à trouver quelqu’un que j’aime. Je ne t’en ai pas encore parlé, car je voulais être sûr de ne pas me tromper à nouveau et de ne pas refaire les mêmes erreurs. J’ai de la chance d’avoir un ami comme toi, toujours prêt à écouter mes moindres émotions, mes moindres sentiments, mes moindres ressentis. Parfois, il m’arrive de penser que j’agis de façon égoïste, car je ne prends pas toujours le temps de te demander comment toi tu te sens. Sans doute est-ce aussi pour cela que j’ai préféré affronté ces quelques mois seuls pour ne pas te submerger de ma douleur, et pouvoir revenir vers toi avec un réel bonheur. Si je n’ai pas été le meilleur ami que l’on puisse espérer ces derniers temps, excuse-moi. Il est arrivé une période où j’avais même peur de te perdre, toi, mon plus grand et ancien ami. Ce départ n’était qu’au fond une manière de mieux revenir, comme un phénix renaissant de ces cendres. Mon combat contre la nostalgie et la mélancolie n’est pas fini, mais sache déjà que je suis aussi heureux que tu avais pu me connaître. J’ai fait beaucoup de chemin depuis ce jour fatidique, ce jour funeste, si je peux dire. Le pire dans tout cela, c’est que je ne lui en veux pas, je n’ai jamais vraiment pensé à lui de façon méprisante. Au fond, j’ai toujours compris son choix, même s’il m’a fait énormément souffrir. Que pouvais-je lui reprocher ? De ne pas y croire peut-être, mais les circonstances ne s’y prêtaient pas forcément. J’aurais juste aimé être plus prudent, et lui moins enjoué, car il donnait l’illusion que cela allait durer. A jamais plein de petites choses me rappelleront tout ce que nous avons eu la chance de vivre : la mer, un coucher de soleil, un film, une musique. Je pense qu’à jamais son souvenir sera ancré en moi et que l’on ne pourra jamais l’en retirer. Je ne le souhaite pas, en aucun cas, j’aimerais juste conserver ce souvenir sans éprouver une quelconque nostalgie, sans être mélancolique, mais juste être heureux en repensant au bonheur que nous avons partagé tous les deux. Que pourrais-je demander d’autre ? Que pourrait-on m’accorder d’autre ? Je suis tout de même plus qu’heureux d’avoir vécu cela. Au fond, il aura été mon premier amour et jamais je ne l’oublierais. Il restera sans doute, et à tout jamais, l’un de mes plus beaux souvenirs.

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